Le carnet de Gazda Marko

La vie quotidienne. La vie tout court. Les gens et les villes. Portraits et témoignages. Cartes postales. De France et d'ailleurs.

18 décembre 2005

Recherche une Peugeot verte

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Bamako, 14 décembre 2005 - "J'ai garé ma voiture dans le coin, mais je ne la trouve plus. Vous ne savez pas où elle est ?  C'est une 404 Peugeot de couleur verte..."

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16 décembre 2005

Avoir un visa ou pas

Bamako, 12 décembre 2005 - Le Palais des Congrès qui abritait voici quelques jours encore le Sommet Afrique-France est en plein nettoyage. Mais "Le Sommet" alimente encore toutes les conversations. Chirac a promis des visas pour tous les artistes africains. Ibrahim fabrique et vend des bijoux touaregs sur le marché. "Moi aussi je suis un artiste non ? Alors on va m'accorder plus facilement un visa désormais ?". Chirac a aussi promis des visas pour les Africains dont la profession a pour nature "l'échange". Haby est journaliste dans un des petits hebdomadaires du pays.. "Bien sûr pour exercer mon métier j'ai besoin d'échanger, de rencontrer des confrères, des partenaires, dans les pays voisins mais aussi en France. Tu crois que ce sera plus facile maintenant ?".

Au bord du Niger, le siège de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest a des allures de forteresse sahélienne. C'est de loin le principal bâtiment de la capitale malienne. Le matin, vers 9 heures, les voitures des employés en col blanc font la queue à l'entrée et se plient aux exigences du contrôle de sécurité. A deux pas de là, des gamins vendent à la sauvette des cartes téléphoniques. Pour chaque carte de 5000 CFA, ils empochent 200 CFA (30 centimes d'euro). Et évidemment il est bien difficile de vendre une de ces cartes. Pourtant, grâce à elles, les habitants des zones rurales où le téléphone filaire est pratiquement absent, peuvent appeler le cousin ou l'oncle établi en France ou ailleurs pour lui demander d'envoyer un peu plus d'argent que d'habitude à la fin du mois.

De l'autre côté du fleuve, le campus universitaire est tristement planté sur une sorte de colline du Savoir qui ferait face à la colline du Pouvoir où trône le palais présidentiel. Des étudiants pianotent sagement devant des écrans plats d'ordinateurs offerts par l'Agence universitaire de la francophonie. On s'aperçoit rapidement que leurs travaux consistent pour bon nombre d'entre eux à consulter leur messagerie électronique. Peut-être envoient-ils des messages à leurs correspondants, de l'autre côté du Sahara et de la Méditerranée. "Chirac nous a dit que pour les universitaires il y  aura des visas à gogo, alors je vais me dépêcher d'obtenir mon diplôme...".

Petite promenade à quelques kilomètres de là, à Kati. Une dame déjà âgée et aux yeux vifs, vient voir la directrice de la radio locale. C'est une radio "communautaire", et donc au nom de la "communauté", la  dame demande à la radio de diffuser des programmes qui permettraient aux auditeurs d'apprendre un peu le français. Rares sont ceux dans ce village qui parlent une autre langue que le bambara. Devant le siège de la radio, un adolescent photographie les visiteurs avec son téléphone portable. A ses côtés une femme en tenue traditionnelle, panier de bananes sur la tête, observe la scène. Elle n'a certainement pas de téléphone mobile, pas d'ordinateur, pas d'appareil photo et ne maîtrise aucune langue dite de "circulation internationale". D'ailleurs elle ne circulera pas car elle ne demandera sans doute jamais de visa.

Posté par gazdamarko à 06:31 - Si près, si loin - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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