Le carnet de Gazda Marko

La vie quotidienne. La vie tout court. Les gens et les villes. Portraits et témoignages. Cartes postales. De France et d'ailleurs.

29 août 2005

Des tramways, des tramways, toujours des tramways

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Paris, 29 août 2005 - Personne n'est obligé de me croire, mais je me suis intéressé aux tramways de Sarajevo bien avant Jacques Ferrandez. Mais soyons bon prince : son album "Les tramways de Sarajevo" (Ed. Casterman) est un petit bijou. Le tram ci-dessus circulait encore en 2003 : Zajedno za Bosna ("ensemble pour la Bosnie"). En 2004, un tram évoquant "Notre Musique", le film de Godard, tourné à Sarajevo, a commencé à circuler en ville. Un peu plus tard, c'est un tramway aux couleurs de l'entente cordiale franco-britannique qui lui aurait, parait-il, emboîté le pas. Mais là, franchement, je demande à voir pour le croire.

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28 août 2005

L'Europe des tramways (6)

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Bonn, 27 août 2005 - Dans l'ex-capitale allemande on peut traverser le Rhin à pied, en voiture ou en tramway. Des trams de caractère,  à mi-chemin entre les tramways déglingués des pays "de l'Est" dans les années 90, et ceux ultra-modernes et trop silencieux de Strasbourg ou de Bordeaux.

Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, voir la série de messages "L'Europe des tramways" de février 2005. Car l'Europe des tramways existe bien sûr. Une Europe jeune ou vieille, mais autrement plus exaltante que l'Europe de Bruxelles ...

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24 août 2005

Circulez, il n'y a rien à voir

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 C'était le siège d'Oslobodjenje, le quotidien symbole de la résistance des assiégés de Sarajevo face à l'agression des troupes de Milosevic, Mladic, Karadzic. La tour qui abritait une partie du journal a été pilonnée en juin 1992 et réduite au millefeuilles de béton que l'on voit sur cette photo. Pourtant, pendant la guerre, pendant le siège de la ville, le journal a continué à paraître. En 2003, le siège d'Oslobodjenje abritait toujours la rédaction.

Mais en 2005, circulez, il n'y a plus rien à voir. Triste après-guerre : le bâtiment a été racheté par un nouveau quotidien avide de sensationnel. La tour meurtrie a été remplacée par deux tours jumelles de verre et de béton.  La reconstruction est en marche, puisqu'on vous le dit.  

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03 août 2005

Le Viêt-Nam d'hier, bla bla, et d'aujourd'hui bla bla bla

Hanoi, 3 août 2005 – Tout foutrait donc le camp au pays de l’Oncle Ho (lequel n’est évidemment plus là pour veiller au grain) ? Le casque de bo doi, couleur kaki, fabriqué voici encore quelques années en bois de latanier, est aujourd’hui en plastique. Plus grave : l’empereur Daewoo a pris le pouvoir ici, comme un peu partout. Hôtel Daewoo, petites bagnoles Daewoo faisant généralement fonction de taxi, téléviseurs Daewoo, encarts publicitaires Daewoo... Et pour ceux qui n’auraient pas encore bien compris, les touristes coréens débarquent en grappes dans ce Viêt-Nam sur lequel ils semblent jeter un regard un peu condescendant.

Près du Sheraton – car pour les amateurs de dépaysement il y a désormais à Hanoi un Sheraton, un Sofitel, un Hilton – un « bar à vins » propose un Petrus 1982 à 2800 dollars (38 750 000 dongs vietnamiens) sans rire et en secouant la bouteille comme un Orangina.

Finies ou presque les courses en cyclo-pousse, détroné par les petites motos qui, comme à Saigon, envahissent rues et trottoirs. Ce que les touristes ont sans doute perdu en image d’Epinal, les Hanoiens l’ont gagné en liberté.

Le Viêt-Nam, bla bla bla pays membre bla bla de l’Organisation Internationale de la bla bla Francophonie bla bla. Mouais... La première langue étrangère pratiquée ici est d’abord l’anglais. Le cinéma le plus moderne de la ville vient d’acheter les droits de Star Wars III. Succès assuré. La jeunesse ici n’a pas grand chose à faire des consignes d’autrefois et ne fuit donc pas le modèle américain. 90 pour cent des films étrangers diffusés au Viêt-Nam sont américains. Les autres sont asiatiques.

Bon c’est vrai tout change, mais rien ne change. Les villas de l’ancienne ville coloniale aux murs ocres et volets verts. Les vieux à blanche barbiche plongés dans le journal face au lac Hoan Kiem. La chaleur humide des jours et des nuits d’été. Les pho délicieux dégustés sur un coin de trottoir (mais on trouve aussi avenue Ba Trieu un restaurant de pho presque aussi clean qu’un restaurant japonais). Cette douceur dans les couleurs. Les séances de tai chi à six heures du matin au bord du lac de l’Ouest. Les jeunes filles à vélo, fieres et droites, gantées jusqu’aux épaules par peur du soleil. Les femmes à pied, dignes mais courbées sous le poids de leur balancier chargé de fruits du dragon, de pommes-cannelle ou de bananes. Hanoi reste Hanoi, et la vita e bella !

Posté par gazdamarko à 11:45 - Si près, si loin - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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